FMI : Ultimes négociations d’un PEG 2 : la Chine s’invite dans le débat

5Arrivés à Kinshasa, dimanche dans la soirée, les experts du FMI ont entamé hier par le ministère des Finances, la série d’entretiens avec la partie congolaise. Comme l’on s’y attendait, les derniers apports annoncés par la Chine, en soutien aux « cinq chantiers » du chef de l’Etat ont suscité le débat. En effet, l’ouverture de ces chantiers est importante dans le cadre de la signature d’un nouveau programme triennal (PEG 2) entre le FMI et la RDC.

Les experts du département Afrique du Fonds monétaire international ont entamé hier lundi 18 février par le ministère des Finances la série des contacts avec les officiels congolais dans la perspective de relance des négociations pour la conclusion d’un nouveau programme triennal au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC). Conduite par Brian Ames, la délégation du FMI s’est concertée avec la troïka économique et financière du gouvernement, représentée pour la circonstance par le ministre des Finances, Athanase Matenda Kyelu, celui du Budget, Adolphe Muzito, et le Vice-gouverneur de la Banque centrale du Congo, Jean-Marie Emungu.

C’est donc bien loin des experts habituellement chargé du suivi des réformes que s’est déroulé ce premier contact entre le gouvernement congolais et la délégation du FMI. Ceci traduit toute l’ampleur des enjeux qui entourent ce que d’aucuns considèrent comme une mission de dernière chance dans la voie qui devra amener la RDC vers la signature d’un nouvel accord formel avec le FMI pour un deuxième Programme économique du gouvernement (PEG 2).

Cependant, comme on pouvait s’y attendre, le dossier du protocole d’accord liant désormais la RDC à la Chine pour plusieurs milliards de dollars américains semble poser question. Et le chef de la délégation de la mission du FMI, Brian Ames, sans vouloir faire d’amalgame a exprimé ses inquiétudes quant aux conséquences de l’appui chinois sur la conclusion d’un nouveau programme triennal. Ainsi, le risque d’un nouveau cycle d’endettement dans ce processus de reconstruction de la RDC alors qu’en même temps le pays devrait bénéficier de l’initiative d’annulation de la dette en faveur des pays pauvres très endettés avec un effacement d’environ 90% de sa dette extérieure est une préoccupation du FMI.

« Soutenabilité et implications macro-économiques » ont été les termes évoqués par Brian Ames pour clarifier la position de son institution par rapport aux divers prêts annoncés ces derniers mois par la Chine en faveur de la RDC. Ainsi, aux questions récurrentes de la stabilité du cadre macro-économique et de la poursuite des réformes structurelles, comme préalables à la conclusion, s’est ajoutée désormais la nouvelle donne chinoise. La conclusion semble pour l’instant passer par là. A en croire Brian Ames, le gouvernement a l’obligation de clarifier nettement sa position sur cette question pour espérer un éventuel soutien du FMI.

D’ores et déjà, il faut que  la délégation du FMI a passé en revue la situation économique et financière du pays jusqu’à fin 2007 et son implication pour la poursuite du dialogue entre Kinshasa et Washington en vue de la conclusion du PEG 2. Ensemble, les deux parties ont discuté des actions et des mesures à engager pour garantir la stabilité du cadre macro-économique ainsi que des préalables restant à réaliser.

Ce n’est qu’en terme de la mission du FMI que l’on saura si ce dossier du gouvernement de la RDC pourra être présenté au Conseil d’Administration de l’institution en mars prochain. Cela renouera alors le dialogue. C’est une ultime étape que la RDC ne devra pas manquer pour assurer ses chances d’atteindre le point d’achèvement, déclencheur de l’annulation de la dette.  

 


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